Les conséquences des violences envers les femmes sur le comportement de l’enfant témoin

Ce 25 novembre 2023, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, l’association Orémis, qui lutte contre le harcèlement et soutient l’inclusion scolaire, apporte aujourd’hui son soutien envers les victimes de violences conjugales et souhaite mettre en lumière l’impact de ces violences sur le comportement des enfants.

Très tôt, l’enfant est confronté à une vision faussée et parfois violente de ce qu’il pense être un couple sain.

Des statistiques en hausse durant l’année 2022

En 2022, en France, les services de sécurité ont enregistré plus de 244 000 victimes, soit une hausse de 15% par rapport à 2021. On constate malheureusement une progression, aussi bien dans les abus physiques que dans les abus psychologiques. Ainsi, l’association Orémis a conscience que les violences conjugales touchent tout le monde, mais dans cet article, nous nous focaliserons sur les couples hétérosexuels, et notamment les violences faites aux femmes, car la grande majorité des violences conjugales sont dirigées contre elles.

L’impact sur le développement psychologique de l’enfant

Les conséquences des violences conjugales varient d’un enfant à l’autre. Certains d’entre eux peuvent être affectés physiquement, notamment lorsque les violences conjugales s’accompagnent de maltraitance envers le mineur. D’autres enfants peuvent être impactés psychologiquement. Dans ce dernier cas, le diagnostic est plus difficile à poser, notamment car les séquelles ne sont pas visibles à l’œil nu. On observe fréquemment comme symptômes du stress, un trouble anxieux, des états de stress post-traumatique ou encore de dépression. Ces symptômes peuvent avoir un impact sur les facultés cognitives, comme la concentration ou la mémoire. Cela peut aboutir parfois à des difficultés scolaires plus ou moins graves et modifier son rapport avec le système scolaire.

Ces expériences cumulées peuvent laisser des séquelles une fois adulte mais également changer la perception des relations « homme-femme », offrant à l’enfant, dès son plus jeune âge, une vision fausse et violente d’un couple sain. Il est ainsi important de prendre en charge rapidement une femme victime de violence, mais également l’enfant témoin, pour éviter les traumatismes et la répétition d’un cercle vicieux.

Les répercussions dans le milieu scolaire

Malheureusement dans certains cas, la violence ne s’arrête pas une fois passées les portes d’un établissement scolaire. En plus d’un climat familial violent, l’enfant peut se retrouver dans une situation de harcèlement scolaire.

  • Quand il en est victime, on a affaire à un enfant en permanence confronté à la violence. Un sentiment d’insécurité s’installe, l’enfant est constamment en alerte, tendu, à l’affût du moindre bruit ou mouvement suspecté.
  • Quand l’enfant est l’instigateur de harcèlement scolaire, il peut alors reproduire le comportement ou les actes dont il est le témoin à son domicile car, outre les difficultés scolaires et émotionnelles, l’enfant peut avoir des difficultés à maintenir une relation saine avec ses autres camarades.

L’enfant peut s’isoler ou, au contraire, réagir avec agressivité. Le comportement d’un parent violent vise à « corrompre (l’enfant) en le socialisant à l’abus de pouvoir et à des formes inadaptées de relations interpersonnelles » (Holden, 2003, « Children exposed to domestic violence and child abuse: Terminology and taxonomy », Clinical Child and Family Psychology Review). Cela a un impact sur les compétences psychosociales de l’enfant, mais cela aura un impact, positif ou négatif, sur ses relations futures en tant qu’adulte ou parent.

« 1 victime de violences conjugales sur 4 signale à la police ou à la gendarmerie les faits qu’elle a subis », selon l’enquête « Genese 2021 ». Signalez, avant qu’il ne soit trop tard ! Appelez le 3919 !

Association OREMIS

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